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mouvement général de la propriété et l’accroissement considérable des cotes foncières.

Les inconvénients résultant de cette situation sont aussi graves que nombreux. Quand les parcelles, qui constituent une exploitation, n’aboutissent pas toutes, en effet, à un chemin, et que, pour aller travailler sur l’une d’elles, le propriétaire et ses attelages sont obligés de traverser celle d’un voisin, la culture est gênée : c’est une entrave permanente au progrès, une source perpétuelle de pertes et, qui pis est, de querelles et de procès. Pour les éviter, on est dans la nécessité de suivre servilement la culture de son voisin, de façon à labourer, semer et récolter quand il laboure, sème et récolte ; il faut que chacun s’astreigne à suivre exactement les mômes pratiques, sous peine de voir le fruit de son travail compromis et même détruit. Comment un propriétaire pourrait-il se risquer à faire des prairies artificielles, des racines, alors que les terres de ses voisins seraient couvertes de céréales ? Il serait forcé de passer sur des récoltes, de faire des dégâts, de même que l’on détruirait ses emblavures pour la moisson des parcelles voisines. L’état du sol trace la seule ornière où il soit permis de marcher. Pour les irrigations, le drainage, et pour l’emploi des instruments perfectionnés, l’exiguïté et la dispersion des parcelles de chaque propriété offrent d’insurmon-