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de cuivre ornementé. Chaque fille a les siens, et travaille courageusement à les remplir, car une belle voiture de mariée (Kistenwagen) doit être chargée de coffrets ; une fille de bonne maison se sentirait atteinte dans son point d’honneur si elle entrait en ménage avec moins de 20 rouleaux filés et tissés de ses mains. Le second magasin contient les conserves de viande. Chaque année on abat sur la ferme, pour les besoins des habitants, 1 bœuf, 12 à 18 moutons et au moins 5 porcs. Les morceaux en sont soigneusement séchés, fumés, sur le plafond du Flett puis serrés dans des tonnes. Huit d’entre elles sont pleines en ce moment de quartiers de viande et de charcuteries diverses. Plus loin suit le magasin où sont renfermés les grains destinés aux volailles, car la basse-cour est encore sous l’intendance de la maîtresse de maison et ne constitue pas une de ses industries les moins importantes. La confection et la cuisson du pain, la surveillance des travaux de couture sont d’autres branches de son activité. On sait tirer parti de tout. La peau du bœuf, soigneusement conservée, est travaillée par un garçon cordonnier pris à la journée, et grâce auquel la resserre se garnit de souliers. Trente à quarante thalers par an suffisent dans la ferme à tous les achats du ménage.

Les serviteurs préposés à l’un ou l’autre des