Page:Le Play, L’Organisation De La Famille, 1884.djvu/438

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ritier-associé, dès qu’il a été désigné par ses parents, consacre toute son activité à améliorer le domaine qui doit lui rester en propre ; et il s’efforce, par un redoublement d’activité et d’épargne, d’acquitter les charges qui le grèvent.

Après avoir lu l’histoire de la famille des Mélouga, personne ne sera tenté d’invoquer le fantôme des idées féodales. Ces sentiments sont totalement inconnus à ces laborieux cultivateurs. Le choix qu’ils font de la fille aînée de préférence aux fils puînés indique bien que leur principale préoccupation est d’associer le plus promptement possible au père de famille un jeune ménage, qui soit directement intéressé à la prospérité de la communauté[1]. Ce régime offre ainsi, indépendamment des avantages moraux de premier ordre signalés dans le cours de l’ouvrage, un puissant stimulant à la production agricole. Il serait dangereux de s’en priver plus longtemps, à une époque où l’approvisionnement du marché national est livré à la concurrence des producteurs étrangers.

  1. M. le président Requier, dans l’ouvrage déjà cité (introduction), signale avec insistance les sentiments qui guident en cette matière les familles-souches du Midi.