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principale source du bien se trouve dans certaines familles, soumises par leur tradition à la sévère discipline du respect et du travail. L’harmonie se conserve parmi elles, avec la connaissance de Dieu et de l’ordre moral, sous la direction du père et de la mère, c’est-à-dire du double pouvoir institué par le Décalogue. Leur autorité prime celle des autres pouvoirs humains c’est, en effet, la seule qui se dévoue constamment, même au milieu de certaines défaillances, au bonheur de ses subordonnés. Le mal inséparable de la nature humaine se développe surtout chez deux classes qui s’écartent de la tradition de ces familles chez les orgueilleux qui, doués des plus hautes facultés de l’intelligence, oublient Dieu en s’élevant dans la hiérarchie sociale ; chez les vicieux qui, conservant la corruption originelle, abusant du libre arbitre et se livrant à leurs instincts grossiers, rétrogradent par un état de souffrance et de dénuement vers la condition des races inférieures.

Les familles, soumises à Dieu et vouées au travail, restent stables dans leur état d’aisance et de frugalité. Elles sont la vraie force des nations libres et prospères. Elles dirigent elles-mêmes leurs intérêts privés, et elles confient les intérêts publics locaux à des gouvernants qu’elles choisissent et contrôlent avec soin. Dans cette organisation des sociétés, les institutions et les mœurs tendent surtout à grandir l’autorité paternelle. Le