Page:Le Play, L’Organisation De La Famille, 1884.djvu/377

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qu’une telle éventualité devient probable, les officiers ministériels trouvent le moyen de supprimer des formalités qui, au contraire, restent selon eux nécessaires tant que la succession peut en payer les frais.

Le tableau suivant présente, avec beaucoup de détails, l’énumération des frais qu’ont dû supporter, conformément au résumé donné ci-dessus, les quatre infortunés mineurs[1].

  1. Ce tableau affligea beaucoup l’empereur Napoléon III. Ce souverain fut l’homme de notre temps qui m’a paru compatir le plus vivement à la souffrance physique du pauvre. Il ne put supporter la pensée que cet odieux régime se continuât sous son règne. Dès la publication du livre, il invita M. de Morny à provoquer dans le sein du Corps législatif l’abolition du Partage forcé. (Voir la Réforme sociale, ch. 23, n. 14.) Cette tentative ayant échoué devant la résistance des légistes de cette assemblée, l’empereur chargea un habile conseiller d’État de préparer un projet de loi qui devait être conforme à la conclusion finale de ce Document, c’est-à-dire qui aurait eu pour effet de conférer la Liberté testamentaire à la petite propriété. Cette tentative fut, comme la première, déjouée par la malsaine influence des légistes et des corps privilégiés.
    En cette circonstance, les personnes coalisées contre la réforme mirent en avant le banal fantôme du droit d’aînesse. Violant les plus évidentes indications de la raison et de l’expérience, mais comptant sur les préjugés révolutionnaires et sur l’inattention publique, les opposants affirmèrent que le retour à la liberté fournirait aux ennemis de l’Empire le moyen de lui aliéner le cœur des paysans. Indigné de ces manœuvres, qui l’arrêtaient dans son travail, mon collègue, homme énergique et habile orateur, déclara qu’il se chargerait volontiers de démontrer aux propriétaires fonciers, grands ou petits, que leurs pires ennemis étaient les adversaires du testament. (Note de 1874.) — Voir la Note additionnelle § IV de cet Appendice.