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Le lecteur pourra juger combien ce désordre est contraire au principe qui impose aux classes dirigeantes le devoir d’acheminer, autant que possible, les classes inférieures vers la propriété de leur habitation[1].

II

L’HISTOIRE LAMENTABLE DE LA SUCCESSION D’UN OUVRIER-PROPRIÉTAIRE DU NIVERNAIS

Un journalier agriculteur est mort en 1839[2], à C*** (Nièvre), après quatre années de veuvage, laissant quatre enfants en bas âge. Il possédait, libres de toute dette et de toute hypothèque, un petit mobilier, une chaumière, un jardin potager et un petit champ, ayant ensemble une valeur de 900 francs. Cette propriété était le fruit de très faibles épargnes prélevées, pendant dix-huit ans, sur le plus modique salaire, au milieu de dures épreuves et de sévères privations.

Cédant à l’impulsion donnée par les officiers

  1. La Réforme sociale, chap. 25 : le foyer domestique. = L’Organisation du travail, § 24 : 5e pratique de la coutume des ateliers : union indissoluble entre la famille et son foyer.
  2. La 1re édition de cette monographie a été publiée comme annexe à la Réforme sociale. Elle indiquait ici, par erreur, l’année 1844. Cette date, comme le rappelait d’ailleurs un autre passage de la monographie, se rapportait, non au début du drame, mais à la réception du Document.