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cousins. Dans la famille-souche, ils restent d’abord entourés de tous leurs parents, puis ils se confondent bientôt avec les enfants de l’oncle qui rentre au foyer paternel pour y exercer les fonctions d’héritier-associé (§8). Une famille stable, en résumé, n’est guère plus ébranlée par une telle calamité que ne l’est une commune par la perte imprévue de ses chefs.

Dans certaines contrées du Nord et de l’Orient, la famille instable s’est constituée ça et là, malgré la Coutume, non comme en France par les contraintes de la loi écrite, mais par l’imprévoyance des individualités inférieures. Dans ces localités mêmes, la mort prématurée des parents n’entraîne pas nécessairement une catastrophe. Le libre développement des intérêts et l’élan spontané des affections créent, en quelque sorte, une nouvelle famille aux orphelins.

Dans le Nord et l’Orient, la succession d’un petit propriétaire laissant pour héritiers des enfants mineurs n’est grevée d’aucune charge. Les enquêtes que j’ai faites à ce sujet ne m’ont indique d’autres dépenses que les frais du modeste dîner, où les parents et les amis s’assemblent pour régler les intérêts et assurer le bien-être des héritiers. Presque toujours l’assemblée, quand les chefs de famille décédés n’y ont pas eux-mêmes pourvu, confie à l’un de ses membres, souvent à un patron bienveillant, le soin d’administrer