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tudes de débauche. Leurs rares heures de loisir se passent au cabaret ; ils y jouent au billard ou aux cartes ; ils y consomment de l’eau-de-vie, du café, du vin, et la dépense moyenne de chaque buveur peut s’élever à 1 franc par dimanche. Cette coutume de passer l’après-midi du dimanche dans les cabarets a contribué puissamment à faire perdre aux mœurs leur simplicité et leur pureté. Autrefois les divertissements se prenaient en plein air ; ils étaient peu coûteux, et, par cela même, empreints d’une douce et franche gaieté. Les villages présentaient une animation inconnue aujourd’hui c’étaient ici de nombreux groupes d’hommes jouant aux fers ; là, des réunions de femmes faisant une partie de quilles ; sur la place publique, les vieillards oubliaient leurs infirmités et se rappelaient leur jeune âge en regardant danser leurs petits-enfants. Maintenant ces jeux sont abandonnés les ouvriers préfèrent passer les jours de fête sur les tabourets de l’auberge. Assis devant une bouteille, au sein d’une atmosphère échauffée par la fumée du tabac et les émanations de l’alcool, ils ne trouvent de plaisir que dans les discussions bruyantes d’un jeu de cartes ou dans les démonstrations désordonnées d’une joie brutale.

Des excès de tous genres qui se sont produits dans un grand nombre de localités ont attiré l’attention de l’autorité supérieure. Un arrêté