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supérieur[1]. Cette entreprise ne s’est présentée que comme l’accessoire et le complément d’une œuvre infiniment plus noble. Une nation n’est acceptée pour modèle que quand elle a voulu fortement s’élever au-dessus des autres par l’ensemble de ses aptitudes. Elle ne devient éminente dans les détails admirés par ses émules que lorsqu’elle a résolu les difficiles problèmes que soulève l’amélioration physique, intellectuelle et morale de sa propre race.

L’étude de l’histoire et l’observation des faits contemporains s’accordent pour établir que le perfectionnement des races humaines se produit sous des régimes sociaux fort divers. Ces régimes sont bons ou mauvais selon les doses de vertu ou de vice que ces races ont acquises. Ils sont compris entre deux types principaux qui, sous leurs formes les plus absolues, correspondent aux degrés extrêmes de contrainte ou de liberté[2].

  1. Les familles patriarcales de l’Orient (§ 3) qui possèdent, depuis un temps immémorial, les plus belles races de chevaux, conservent avec un soin extrême leur propre généalogie. Sous notre régime de familles instables (§ 2), ceux qui s’intéressent avec tant de passion aux courses de chevaux offrent aujourd’hui un spectacle bien différent : ils étudient sans relâche le studbook, mais ils ne s’inquiètent nullement de savoir d’où est sorti leur grand-père ou celui de leur bru et de leur gendre. Au milieu de ces engouements de la mode, l’accessoire a remplacé le principal.
  2. Je constate de plus en plus, par un appel réitéré à l’expérience et au raisonnement, qu’aucune étude sur les sociétés humaines ne saurait être solidement établie sans cette distinction préalable. Les deux régimes créent et conservent la prospérité depuis les