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fille aînée, chargée de payer les dettes dont ces immeubles étaient grevés et les soultes dues à ses frère et sœurs.

Cet acte, qui devait mettre fin aux dissensions de la famille, ne leur a imposé qu’une trêve d’un moment, et semble plutôt les avoir ravivées.

Forcé, par des réclamations pressantes, de satisfaire sans retard à une partie de ses obligations, le gendre de Savina a dû vendre, pour une somme de 6, 000 fr., un pré d’environ 3 hectares 75 ares (20 journaux), situé dans la montagne, au lieu dit Cazaur.

Cette aliénation entamait gravement l’intégrité du domaine, qui ne pouvait plus désormais nourrir qu’une douzaine de vaches et ne comportait plus l’élevage fructueux d’un troupeau de moutons.

Comment, dès lors, conserver le reste du domaine, et réaliser des économies suffisantes pour achever le payement des dettes, si les créanciers continuaient à se montrer âpres et impatients ? Ne serait-on pas forcément conduit à un nouveau morcellement pour les satisfaire ?

Malgré cette situation menaçante pour le gendre de Savina, ses cohéritiers jalousaient les prétendus avantages qu’il aurait obtenus et ne parlaient de rien moins, à mots couverts et sous de perfides suggestions, que de demander la