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cibles et réaliser une œuvre d’assainissement de la plus haute portée sociale.

Sur d’autres points encore le passé nous donne des leçons dont l’utilité ne saurait être mise en doute, notamment lorsqu’il nous révèle l’importance sociale du domaine et l’influence exercée par la constitution de la famille. Sachons mettre ces enseignements à profit.

C’est la famille qui est la véritable molécule sociale, non l’individu, et c’est à la restaurer que doivent aujourd’hui s’attacher les vrais amis de leur pays. Telle est l’œuvre pressante avant toutes. Les préoccupations politiques sont relativement secondaires. Elles divisent et stérilisent les bons vouloirs, qui pourraient se donner rendez-vous et s’entendre sur le terrain social.

Restaurer la famille est l’affaire des mœurs, mais aussi de la loi. La femme est aujourd’hui livrée sans défense par le Code aux entreprises de la séduction (art. 334 et 340). L’autorité du père de famille est battue en brèche par le partage forcé. Ce sont là les deux réformes à apporter à notre législation. Elles contribueront à ramener le respect de la femme et le respect du père, que nous avons vus si fortement établis au moyen âge.

Il nous suffit d’indiquer la première réforme, dont l’exposé nous entraînerait trop