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tions et d’épreuves dont nous allons essayer de donner une idée.

VII

LES MAUX INFLIGÉS À LA FAMILLE PAR LE PROCÈS

Pour nous autres citadins, accoutumés au maniement des affaires, ayant sous la main avoués et avocats quand nous voulons conférer avec eux, un procès est déjà un très grave ennui. Que ne doit-il pas être pour de pauvres paysans, perdus dans leurs montagnes, effarés à la vue du papier timbré, subjugués par les hommes de loi, tendant docilement et sans plainte le cou à toutes les exactions, à tous les jougs de la procédure !

« Le procès ! » Il faut entendre prononcer ce mot par les Mélouga avec une sorte de terreur mystérieuse pour comprendre l’ébranlement profond, le trouble immense que leur a causés cet assaut. Il semble que ce soit un fléau qui se serait abattu sur eux, comme la grêle, la peste ou l’incendie. Encore leur raison ou leur foi se plieraient-elles devant ces coups de la main de Dieu, dont la tradition leur indique des précédents, tandis qu’ils ne comprennent pas bien encore comment et pourquoi ils ont ainsi été