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de jeter le blâme sur l’héritier, c’est de la sympathie et même de la reconnaissance qu’on devrait avoir pour l’utilité sociale de l’œuvre qu’il accomplit, parfois peut-être à son insu, mais au prix d’une énergie et de privations qui ont pu longtemps conjurer l’anéantissement de ces réservoirs de force et de vertu.

La famille Mélouga se vouait à cette tâche et la menait à bien, lorsqu’en 1864 la mort de l’aïeul Joseph Py, père de Savina, interrompit le cours de cette prospérité. Joseph Py était, malgré ses 82 ans, un patriarche encore vigoureux et respecté de tous les siens. Lui mort, les mauvaises passions de quelques membres que sa présence contenait purent enfin se donner libre carrière.

Un des oncles de Savina, qui n’avait pas réussi dans ses affaires et qui obéissait à de funestes suggestions d’étrangers, entraîna avec lui une de ses sœurs et attaqua l’acte de partage du 27 février 1835, non seulement en rescision pour lésion de plus du quart (art. 1079 du Code Napoléon), mais encore pour violation des articles 826, 832 et 1075 du Code. Cette instance fut introduite à la fin de 1864 devant le tribunal de Lourdes, quelques semaines avant l’expiration de la prescription trentenaire. Poursuivie pendant plus de quatre ans devant toutes les juridictions, elle a été pour la famille la source de tribula-