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sédions, — ne serait-ce qu’à raison d’une série par siècle —, les monographies des principaux types de la population, observés dans le même milieu et d’après la même méthode le paysan, l’ouvrier, l’artisan, le bourgeois, le propriétaire, le magistrat, le soldat et le prêtre ! Elles permettraient d’établir, avec une rigueur scientifique, l’histoire de ces familles types, et de dégager la loi de leurs transformations.

Je crois utile de faire ici une première application, malheureusement bien imparfaite, de ces considérations générales, en revenant, à des intervalles successifs, sur une famille déjà décrite, et je ne doute pas qu’entre des mains plus expérimentées, cette idée ne soit appelée à rendre à la science de fructueux services.

Puisque j’ai été conduit à effleurer le sujet des monographies de familles, on me pardonnera peut-être d’indiquer ici quelques détails d’expérience personnelle sur la pratique de ce genre de travaux.

La réunion des renseignements que comporte la rédaction d’une monographie présente, dans l’exécution, des difficultés, dont la plus sérieuse est spirituellement indiquée dans la fable du Savetier et du Financier[1] :

Que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
— Tantôt plus, tantôt moins…

  1. La Fontaine, liv. VIII, fable 7.