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en argent et en bestiaux. Le principal impôt, la dîme attribuée au clergé, se prélevait sur le blé, le beurre, le fromage et les agneaux, avec cette particularité qu’il n’était pas tenu compte des fractions de dixième, en sorte qu’on donnait également un seul agneau pour dix et pour dix-neuf têtes ; chaque communauté donnait en outre un agneau par an au vicaire de la paroisse. Ces impôts ont été allégés par le nouveau régime : en 1826, on s’accordait déjà à penser que les impôts étaient moindres qu’avant la révolution et, depuis lors, en considération des difficultés de culture spéciales à cette localité (§ 37), ils ont encore été réduits. Des anciens, depuis peu décédés, qui avaient vu avec regret les changements apportés au régime des successions et l’accroissement des charges hypothécaires, gardaient un souvenir reconnaissant de cette diminution des impôts ; avec les habitudes frondeuses qui existaient dans le Lavedan comme en d’autres parties de la France, ils avaient coutume de dire que la révolution n’avait produit de bon que ce changement.

Les traditions conservées dans la commune de Cauterets apprennent que, sous l’influence de l’ancienne coutume du Lavedan, la famille Mélouga, décrite par la présente monographie, s’est maintenue sur son domaine (§ 17), pendant quatre cents ans au moins, dans l’état de bien.