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étonnement. Ils ne soupçonnaient pas qu’un tel état de choses régnât parmi nous depuis 1793. Ils pensent avec moi que la réforme ne se ferait pas attendre si ce scandale monstrueux recevait une publicité suffisante. En me rendant de nouveau à leur désir, je suis heureux de rappeler que je dois les éléments du récit à M. le comte Benoist-d’Azy, qui les a recueillis avec le concours de M. Gautrelet, ancien avoué à Chateau-Chinon (Nièvre). Les membres de la Société d’économie sociale[1] qui assistaient à la séance du 25 février 1866, se rappelleront longtemps l’éloquence chaleureuse avec laquelle M. Benoist-d’Azy a condamné cette déplorable conséquence de nos lois civiles. J’ose espérer que l’initiative de cet homme éminent aura des imitateurs. Les Autorités sociales qui, dans toutes nos provinces, secondent ou encouragent mes travaux, sont en situation de donner une direction sûre à la réforme. Elles devraient dorénavant décrire sans relâche les maux qui se produisent sous leurs yeux, et signaler les remèdes qu’elles jugent nécessaires. Je puis encore m’instruire auprès d’elles et redire leurs leçons ; mais je ne saurais suppléer à l’action

  1. L’organisation du travail, Document P. — Voir aussi Le Bulletin de la Société d’économie sociale, t. I, p. 421.