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vivacité des croyances religieuses émane en partie de la conviction qu’elles sont, au fond, la principale source des progrès et qu’elles n’en peuvent compromettre aucun. L’hostilité qui se manifeste en France contre la religion ne résulte pas surtout du manque de croyances, mais de préoccupations ayant leur origine dans le passé. Les classes dirigeantes, fondant leurs impressions sur notre histoire, redoutent chez les hommes religieux, chez les catholiques surtout, des tendances trop exclusives ; elles craignent qu’une grande influence, attribuée à ces derniers, ne compromette la liberté de conscience et les grands intérêts qui s’y rattachent. L’opinion dominante deviendrait, comme elle l’est aux États-Unis, favorable à la religion le jour où l’on serait rassuré sur des éventualités qui n’ont plus désormais de base sérieuse, mais qui préoccupent encore parmi nous les personnes les plus influentes.

Au lieu de poursuivre à l’avenir des discussions sans fin sur les causes de ce malentendu, il faudrait que chacun s’employât à le faire cesser. En premier lieu, les esprits prévenus devraient étudier avec impartialité les faits en France, en Belgique, surtout en Angleterre, dans l’Allemagne du Nord et aux États-Unis, où le catholicisme est en contact intime avec les autres communions chrétiennes. Ils constate-