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le mariage de Marthe, lequel n’imposera aucune charge à la maison, l’épargne sera employée à constituer une nouvelle série de dots en faveur de la dernière génération.

Cet aperçu de l’histoire des deux dernières générations de la maison Mélouga (§ 18) indique les moyens légaux auxquels, sauf quelques nuances, ont recours toutes les familles de cette commune pour conserver intact le bien patrimonial. Il ne signale qu’imparfaitement les efforts que ces mêmes familles doivent faire, en prenant appui sur les mœurs, pour tourner les obstacles qui leur sont opposés par la loi (§ 34). Chaque membre d’une communauté, appréciant de bonne heure (§ 19) les avantages qui s’attachent à la conservation du bien patrimonial, subordonne à ce sentiment toute sa conduite et se prête avec déférence aux intentions du père de famille. En même temps, la satisfaction que chacun trouve dans le régime établi, la pression de l’opinion publique, les conseils des plus notables et des plus éclairés, enfin l’influence du clergé (§ 10), viennent incessamment renforcer chez les individus ces tendances traditionnelles. D’un autre côté, l’usage habituel du patois local, la difficulté des communications matérielles et des rapports intellectuels avec les principaux centres de population, ont repoussé jusqu’à ce jour de cette localité les opinions et les tendances qui prévalent