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La commune produit en froment, seigle, orge, millet, sarrasin et maïs, la moitié environ des céréales nécessaires à la nourriture des agriculteurs ; le surplus provient des plaines situées vers le nord. Les principaux produits sont les veaux, les agneaux, et, en moindre proportion, les chevaux ou les mulets. Pendant la saison des bains, les agriculteurs trouvent à Cauterets un débouché avantageux pour le lait, le beurre et les œufs.

Les célèbres eaux minérales de cette localité y attirent chaque année, pendant les dix semaines de la saison chaude, environ 12,000 étrangers. De là résulte une classe spéciale de bourgeois logeurs, d’aubergistes, de marchands, d’artisans, de loueurs de chevaux, de porteurs et de guides dont l’accroissement progressif tend à modifier l’ancien état d’équilibre de la population. Cette circonstance, favorisant une tendance naturelle vers l’indépendance, multiplie les petits ménages vivant momentanément des ressources offertes par les étrangers, et commence à détruire les anciennes communautés de famille. Cependant, sous l’influence de l’opinion locale et de la tradition, la plupart de ces communautés ont résisté jusqu’à ce jour aux influences émanant des baigneurs et de la loi civile la famille-souche décrite dans la présente monographie offre, sous ce rapport, un remarquable exemple de l’ancienne constitution sociale de cette région (§ 34).