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Cette admirable organisation renferme, en ce qui touche les problème sociaux de notre temps, toutes les solutions qu’on demande en vain aux révolutions, aux lois agraires, à l’association des ouvriers, à la déchéance des patrons et aux autres systèmes, injustes ou chimériques qui sont l’objet de tant d’inventions éphémères. Elle conserve sous nos yeux le bien-être aux races les plus prospères : elle le rendra aux masses souffrantes qui ont été désorganisées par la corruption de la monarchie absolue et par les violences de la révolution.

Nos compatriotes n’arrivent guère spontanément à cette solution si simple et si naturelle. Ils continuent à s’enorgueillir de la supériorité que l’opinion des Européens a longtemps accordée à la France ; mais ils ne comprennent pas que cette opinion eut pour origine les hautes influences morales, militaires et intellectuelles qui, au milieu du XVIIe siècle, créèrent la grande époque de saint Vincent de Paul, de Condé et de Descartes[1]. Ils ne voient pas que la prééminence nous est aujourd’hui refusée, et que ce changement d’opinion a été provoqué par les aberrations de ces lettrés du XVIIIe siècle, qu’ils se plaisent encore à louer. Ils persistent à propager par leurs discours, leurs écrits et leurs lois, les erreurs que

  1. L’Organisation du travail, p. 104, et note 15.