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familles-souches de tout rang offrent par leurs vertus, par leur union et surtout par les libertés locales dont elles jouissent ; des exemples qu’on ne saurait trop louer ; elles demeurent fermement attachées à la meilleure constitution sociale de l’Europe.

Les familles-souches de la France ont eu à souffrir successivement des maux émanant de la monarchie absolue, des erreurs du XVIIIe siècle, des révolutions déchaînées en 1789, du matérialisme et des mœurs déréglées de notre temps. Elles restent soumises en outre, depuis la Terreur et la promulgation du Code civil, à un système de destruction qui n’a guère d’autres précédents[1] que la loi (2, Anne, c.6) édictée en 1703 par le parlement anglais pour détruire les catholiques d’Irlande[2]. Cependant de nombreuses familles ont

  1. Des travaux récents sur « l’histoire de l’Inde avant notre ère » nous offrent une curieuse application du même principe dans la législation des premiers conquérants de la presqu’île indienne. — La loi de Manou porte : Il est ordonné à un Çoudra (race des vaincus) d’épouser une fille de sa classe, et non une autre : Tous les enfants qui naîtront d’elle devront avoir des parts égales, quand même il y aurait des centaines de fils. » Dans la pensée des Brahmanes, la concentration des héritages est pour les familles des conquérants (Aryas) une garantie de puissance, et leur dissémination un principe d’un affaiblissement pour les Çoudras. Vivien de Saint-Martin, l’Inde, ses origines et ses antiquités. ― Transformation sociale des Aryas Védiques. (Note de 1883.)
  2. J’extrais de cette ici et de l’un de ses commentaires les passages suivants ;
    « Toute propriété dont un papiste est ou sera en possession sera