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père avec la jeune famille se réduisaient à une visite cérémonieuse, fixée aux fêtes de Noël ou à toute autre époque convenue. L’héritier, après la mort de son père, vient prendre possession du foyer, et, dans ce cas, la mère doit le quitter pour vivre ailleurs dans l’isolement.

Pendant les derniers siècles, les grands propriétaires ont également commis la faute d’acheter à tout prix les petits domaines voisins et de convertir en fermiers leurs anciens possesseurs. Cette transformation de la propriété a été en beaucoup de lieux très favorable à l’agriculture ; elle a donné au cultivateur du sol devenu fermier un degré de richesse qu’il ne pouvait atteindre en restant propriétaire ; mais elle a eu des conséquences fâcheuses pour les mœurs. Aux mauvaises époques, les fermiers résistent moins que les paysans à la corruption propagée par les grands propriétaires. Ainsi, quelques riches fermiers s’associent aujourd’hui au mouvement rétrograde qui se manifeste parmi les classes dirigeantes de l’Angleterre : leurs femmes et leurs fils imitent déjà les habitudes extravagantes, sinon les mœurs coupables des dames à la mode et des jeunes débauchés des grandes capitales.

À la vérité, la plupart des grands propriétaires anglais ont conservé les traditions de l’harmonie sociale. L’accord entre les générations successives du propriétaire et du fermier se manifeste, en effet,