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Dauphiné, les montagnes du Forez, de la Franche-Comté et du Morvan.

Cette réforme serait moins appréciée, parfois même elle serait jugée inutile en d’autres contrées. Tel serait le cas dans le pays de Caux, où le Code civil a détruit l’antique race des petits propriétaires de masure[1], et attribué leurs domaines à de riches commerçants qui les concèdent moyennant une rente fixe à des fermiers. Telle serait l’opinion dominante dans beaucoup de villes peuplées de rentiers qui vivent du produit de leurs fermages.

Il en serait ainsi surtout dans la région nord-est de la France, dans ces villages à banlieue morcelée où s’est perpétuée jusqu’à ce jour l’instabilité sociale avec l’agriculture arriérée des Gaulois (§ 9). Le partage incessant des héritages continuerait à s’y opérer après la mort des parents, alors même qu’il ne serait plus imposé par la loi. Mais, dans ces villages mêmes, la réforme serait fort opportune car elle ne causerait aucun dommage à ceux qui conserveraient le statu quo, et elle mettrait à leur disposition un puissant moyen de perfectionnement. Ainsi, par exemple, les communautés rurales de la Champagne, soumises depuis un temps immémorial au triste régime de la vaine pâture, pour-

  1. La Réforme sociale, 34, XI.