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Sud et du Sud-Est. Pour continuer leurs vieilles traditions, ils luttent autant qu’il dépend d’eux contre les tendances du Code civil. Mais ils s’exposent alors à des procès ruineux[1], soit qu’ils éludent, par des dispositions occultes, le texte de la loi, soit qu’ils s’y conforment dans les prescriptions qui ont pour objet d’alléger les charges écrasantes imposées par la tradition à l’héritier du domaine. La plupart de ces familles épuisent ainsi leurs forces. Chaque année elles succombent par centaines, sous les influences signalées avec détail dans le Livre II et les Appendices de cet ouvrage. La nation entière est profondément affectée par ces désastres de la famille : les agents du partage forcé et le fisc en tirent seuls quelque profit.

La réforme qui nous rendrait la liberté testamentaire mettrait fin à ces lamentables épreuves. Elle serait considérée comme un immense bienfait par les populations les plus laborieuses et les plus morales, notamment par celles qui habitent nos provinces basques, les pays de Foix et de Comminges, le Roussillon, l’Armagnac, la Chalosse, la majeure partie de la Gascogne et du Languedoc, le Rouergue et le Quercy, la Haute-Auvergne, le Velay, le Vivarais, le Gévaudan, la Haute-Provence, le pays de Nice, la Savoie, le

  1. L’Organisation du travail, p. 449.