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Ici le bien de famille est dissipé, non par la prodigalité des héritiers, mais par intervention obligée des officiers publics. Nos familles-souches de paysans qui, pendant vingt-cinq siècles (§ 9), avaient résisté à d’innombrables causes de destruction, sous la bienfaisante influence de la liberté, ont été pour la plupart accablées par les maux dérivant d’une cruelle contrainte[1]. Ces maux résultent surtout de la mobilité des immeubles ruraux, des manœuvres frauduleuses et des procès organisés par les agents qui interviennent dans le commerce et le partage forcé de ces biens[2]. Puisse ce triste régime prendre fin avant

  1. Les Ouvriers des deux Mondes, t. II, le porteur d’eau de Paris. — Note sur l’ancien régime des successions conservé en Auvergne, par M. Delbet. — Les Ouvriers des deux Mondes, t. III, le paysan et savonnier de la Basse-Provence. — Note sur l’organisation et la transmission de la propriété chez les paysans de l’ancienne Provence, dits Ménagers, par M. Ch. de Ribbe. — Bulletin de la Société d’économie sociale, t. II : Mémoires de MM. Claudio Jannet, Eugène Helme et don Antonio de Trueba, sur l’organisation de la famille dans les départements de l’Isère, de la Drôme, et dans la province de Biscaye ; Rapport de M. A. Cochin et discussion générale. — Enquête sur l’état des famines et l’application des lois de succession dans les départements des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse et partie du Gard, par M. Claudio Jannet ; Rapport de M. A. Gigot et discussion générale.
  2. L’Organisation du travail, p. 331, note 2. — L’enquête, dont l’utilité est signalée dans cette note, démontrerait, que le commerce des immeubles ruraux, avec les exagérations que lui imprime le Code civil, exerce un influence très fâcheuse sur le caractère de notre nation. Le commerce des immeubles est malsain, et, au fond, malgré les excitations données par la loi,