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Cependant ces conséquences ne pèsent pas également sur toutes les classes de la nation. En ce qui concerne la conservation des biens, les familles-souches de la grande propriété ont mieux résisté que celles de la petite à l’action destructive du partage forcé. Elles ont été soutenues pendant un quart de siècle par les majorats, puis, sous tous les régimes, par les prébendes de notre système administratif. Elles ont d’ailleurs trouvé dans leur influence, leur assiette large et leurs ressources financières, le moyen de supporter les charges imposées par le fisc et les agents du partage forcé. Au contraire, ces mêmes familles sont incessamment menacées de perdre les bonnes mœurs qui ont été la cause première de leurs succès. Les jeunes gens, se fondant sur leur droit de naissance, prétendent jouir, dès leur entrée dans la vie, de la richesse créée par les aïeux. Ils ne se croient pas obligés de s’en montrer dignes par le travail et la vertu. Rebelles à l’autorité des parents, ils s’abandonnent aux appétits sensuels et aux extravagances de la

    contre la grandeur nationale. » (L’Économiste français, mars 1880.) — Voir dans le même sens la République française, 10 février 1880. Consulter sur la population en France les remarquables travaux de MM. Levasseur et Bertillon, l’anatyse qu’en a donnée l’Annuaire de l’économie sociale pour 1880, le travail de M. Urbin Guérin sur la Famille et la population (La Réforme sociale, n° du 15 septembre 1882) et le Rapport si complet de M. Cheysson à la Société d’économie sociale. (La Réforme sociale, n° du 1er juillet 1883.)