Page:Le Grand Meaulnes.djvu/29

Cette page a été validée par deux contributeurs.


CHAPITRE III

« JE FRÉQUENTAIS LA BOUTIQUE D’UN VANNIER »


La pluie était tombée tout le jour, pour ne cesser qu’au soir. La journée avait été mortellement ennuyeuse. Aux récréations, personne ne sortait. Et l’on entendait mon père, M. Seurel, crier à chaque minute, dans la classe :

— Ne sabotez donc pas comme ça, les gamins !

Après la dernière récréation de la journée, ou, comme nous disions, après le dernier « quart d’heure », M. Seurel, qui depuis un instant marchait de long en large pensivement, s’arrêta, frappa un grand coup de règle sur la table, pour faire cesser le bourdonnement confus des fins de classe où l’on s’ennuie, et, dans le silence attentif, demanda :

— Qui est-ce qui ira demain en voiture à