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CHAPITRE VIII

L’APPEL DE FRANTZ


— Hou-ou !

Cette fois, j’ai entendu. C’est un signal, un appel sur deux notes, haute et basse, que j’ai déjà entendu jadis… Ah ! je me souviens : c’est le cri du grand comédien lorsqu’il hélait son jeune compagnon à la grille de l’école. C’est l’appel à quoi Frantz nous avait fait jurer de nous rendre, n’importe où et n’importe quand. Mais que demande-t-il ici, aujourd’hui, celui-là ?

— Cela vient de la grande sapinière à gauche, dis-je à mi-voix. C’est un braconnier sans doute.

Jasmin secoua la tête :

— Tu sais bien que non, dit-il ?

Puis, plus bas :

— Ils sont dans le pays, tous les deux, depuis ce matin. J’ai surpris Ganache à onze heures