Page:Le Grand Meaulnes.djvu/134

Cette page a été validée par deux contributeurs.



CHAPITRE II

NOUS TOMBONS DANS UNE EMBUSCADE


Nous partîmes sur la neige, dans un silence absolu. Meaulnes marchait en avant, projetant la lueur en éventail de sa lanterne grillagée… À peine sortions-nous par le grand portail que, derrière la bascule municipale, qui s’adossait au mur de notre préau, partirent d’un seul coup, comme perdreaux surpris, deux individus encapuchonnés. Soit moquerie, soit plaisir causé par l’étrange jeu qu’ils jouaient là, soit excitation nerveuse et peur d’être rejoints, ils dirent en courant deux ou trois paroles coupées de rires.

Meaulnes laissa tomber sa lanterne dans la neige, en me criant :

— Suis-moi, François !…

Et laissant là les deux hommes âgés incapables de soutenir une pareille course, nous nous lan-