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imposeraient les convenances à défaut des lois générales du pays. Encore est-il qu’au lendemain des fêtes de Cardiff et quand la Grande-Bretagne se trouve engagée avec les Républiques sud-africaines dans un conflit où elle ne veut voir qu’une crise intestine, provoquée par une simple question d’autonomie administrative et politique, il n’est pas sans intérêt de considérer ce que cette même question, posée au sein du Royaume-Uni par la fraction celte du royaume, a déjà soulevé et menace de soulever d’orages.

C’est aux Gallois que revient l’honneur d’avoir tenté le premier rapprochement entre les cinq grandes familles de race celtique [1]. Il existe dans le pays de Galles une association puissante nommée le Gorsedd beird ynys Prydain, ou « Trône des bardes insulaires, » et sur laquelle nous reviendrons plus loin. Cette association délégua, en mai 1897, son barde-héraut à Dublin pour assister à la restauration du Feiz-Ceoil irlandais. Les Irlandais se firent représenter à leur

  1. Jusqu’alors il n’y avait eu de rapprochement qu’entre les Bretons et les Gallois d’une part, les Bretons et les Irlandais de l’autre. Il convient de rappeler cependant les eisteddfodau d’Abergavenny et de Caer-Marthen et le Congrès de Saint-Brieuc (1867), où figurèrent des délégations d’Irlande, de Galles, de Bretagne. À la dernière Eisteddfod de Cardiff n’ont pas pris part moins de vingt et un Bretons, parmi lesquels MM. Riou, de l’Estourbeillon et Le Gonidec, députés, MM. Bourgault-Ducoudray, Le Braz, Léon Durocher, Corfec, Radiguet, Vallée, etc. Une mention particulière est due à M. Jean Le Fustec, délégué général de la Fédération bretonne, qui, avec un dévouement admirable, s’était chargé de régler sur place tous les détails de la rencontre.