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considérés comme des individus, mais par suite de la réunion de tous ces individus en un organisme coordonné, la sélection naturelle agit immédiatement pour conserver les allomorphoses utiles et faire disparaître les allomorphoses nuisibles (comme cela avait lieu mais plus lentement pour les allomorphoses générales de tout à l’heure), de telle manière que la variation par automorphose nous paraît immédiatement adaptée. Et ceci nous amène à donner une nouvelle définition de l’automorphose et de l’allomorphose ; toutes deux proviennent de l’action du milieu sur l’organisme, mais la première se produit par l’intermédiaire de la coordination préexistant dans l’individu, la seconde se produit sur les éléments comme s’ils n’étaient pas coordonnés. Exemple : voici un piège à rats dont le ressort est tendu. Je puis enduire d’une couche de peinture un grand nombre de parties du piège, sans le faire fonctionner, et l’enduit produira exactement le même effet que si les pièces du piège n’étaient pas coordonnées en vue de prendre des rats (allomorphose). Au contraire, je fais jouer le mécanisme ; tout se passe d’une manière précisément prévue par la coordination des pièces de l’appareil et la variation qui en résulte est une conséquence directe de cette coordination (automorphose). Eh bien ! l’organisme animal est comme ce piège à rats, seulement, au lieu d’être inerte quand il a fonctionné une fois d’une certaine manière, il est au contraire devenu plus apte à fonctionner de nouveau de la même façon. Les actions habituelles s’exécutent avec une facilité croissante.

Les automorphoses résultant du fonctionnement habituel sont justement, pour Lamarck, l’une des