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avec le stimulus d’où elles proviennent ; tel est par exemple le développement d’un organe dont il est fait un usage fréquent ; ces variations sont directement adaptées, immédiatement utiles ; elles apparaissent dans une direction définie[1], sous l’influence des conditions de milieu.

On peut en dire autant des allomorphoses ; l’action du milieu sur l’organisme, même lorsqu’elle se produit directement sur chaque élément, est déterminée par la nature du milieu et la nature de l’organisme au moment considéré ; la variation par allomorphose apparaît donc aussi dans une direction définie, mais elle est sans rapport immédiat avec les besoins de l’individu ; la coloration des ailes des papillons dans les expériences de Weissmann peut être nuisible aux êtres chez lesquels elle se produit. C’est affaire à la sélection naturelle de conserver les variations utiles et de faire disparaître celles qui sont dangereuses, tandis que la variation par automorphose était directement adaptée aux conditions qui l’avaient fait naître. Est-ce à dire que, dans ce cas, la sélection naturelle est inutile au mécanisme de l’adaptation ? J’ai montré ailleurs[2] que la coordination qui constitue la vie de l’animal résulte précisément de la sélection naturelle intervenant à chaque instant entre les éléments histologiques de son corps et se traduit par l’assimilation fonctionnelle qui renforce seulement les organes utiles. Donc, si on considère pour un instant l’organisme décomposé en ses éléments, une automorphose revient à une série d’allomorphoses se produisant sur tous les éléments

  1. C’est l’expression de Cope, op. cit., p. 13.
  2. Revue philos., 1897, Les Théories neo-lamarckiennes, p. 463 et suiv. Voir aussi ce livre même, p. 22.