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de la volonté, l’organisme sera plus capable de se soustraire à l’action du milieu, comme cela a lieu chez les animaux supérieurs[1]. »

Weissmann admet donc l’hérédité des allomorphoses et cela est suffisant ou à peu près pour les végétaux, mais il nie celle des automorphoses et par conséquent celle des instincts acquis, ce qui est absolument insoutenable.

On voit d’ailleurs très facilement que le système de Weissmann n’explique pas et ne permet pas d’expliquer les adaptations et leur caractère héréditaire, de sorte qu’il stérilise la grande œuvre de Darwin dont le but était précisément d’expliquer, par le seul jeu des forces naturelles, la merveilleuse adaptation des organismes à leur milieu et des organes à leur fonction ; il stérilise l’œuvre de Darwin pour avoir voulu méconnaître celle de Lamarck.

D’ailleurs, indépendamment de cette impuissance, la théorie des déterminants tombe d’elle-même ; elle était appuyée sur des bases difficiles à admettre[2], mais inflexibles et ne pouvant se plier aux concessions ; en essayant de les faire fléchir pour répondre aux objections de fait qu’on lui a posées, Weissmann a renversé lui-même son édifice.

  1. Ed. Perrier, Les colonies animales, 2° édit., 1898, préf., XVI, XVII.
  2. Je crois avoir montré plus haut que les formules spécieuses qui servent de point de départ à la théorie de Weissmann ont seulement l’apparence d’explications.