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fluence du soma sur le germen, n’explique, comme celle de Weissmann, que l’influence directe et similaire du milieu extérieur sur le soma et sur le germen tout à la fois ; en d’autres termes, elle explique l’hérédité des variations dues à la physiogénèse de Cope ou allomorphose d’Ed. Perrier, mais non celle des variations dues à la cinétogénèse de Cope ou automorphose d’Ed. Perrier ; voici d’ailleurs la définition précise de ces expressions d’après Ed. Perrier : « Le milieu extérieur est sans doute la cause déterminante de toutes les modifications que peuvent présenter les organismes. Mais ce milieu peut agir soit directement, soit indirectement. Directement quand il ne provoque au sein des substances protoplasmiques que des modifications chimiques, telles que la formation de la chlorophylle et des pigments[1] ou qu’une suractivité de la nutrition, aboutissant, par exemple, à une croissance plus rapide soit de l’organisme tout entier, soit de tel ou tel organe. Indirectement, quand la stimulation du milieu provoque, de la part de l’organisme, une réaction qui parait être la cause de la modification comme dans tous les cas rattachés par Lamarck à l’usage et au défaut d’usage des organes. On peut distinguer ces deux ordres de modifications, malgré leur point de départ commun, et les désigner chacun par un nom ; les premiers seront des allomorphoses, les seconds des automorphoses. Un organisme à réactions internes très limitées, comme celui d’un végétal, ne paraîtra présenter que des allomorphoses. Au contraire, les automorphoses apparaîtront d’autant plus nettement caractérisées que, par le développement de la sensibilité et

  1. La couleur des ailes des papillons dans les expériences de Weissmann.