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moins directement exposés aux intempéries, la modification sera moins complète dans le déterminant du plasma germinatif que dans celui des ailes et le caractère acquis ne sera que faiblement transmis au descendant direct ; il faudra que la même cause extérieure agisse pendant plusieurs générations pour que le caractère soit complètement et définitivement fixé dans l’espèce considérée ; or, c’est précisément ce qui se passe ; les caractères s’acquièrent lentement en plusieurs générations.

Je ne sais pas jusqu’à quel point il est logique d’admettre que les conditions extérieures agissent de la même manière sur le déterminant qui se trouve morphogèniquement fonctionnel dans le soma et sur le même déterminant se trouvant en réserve et inactif dans le plasma germinatif, mais quelles que soient les objections que l’on puisse faire à cette théorie, il n’est pas moins vrai qu’elle constitue une concession très considérable aux néo-Lamarckiens.

Si considérable même, que le chef des néo-Lamarckiens d’Amérique a revendiqué comme sienne cette théorie de Weissman[1] et a montré qu’elle revient à sa propre théorie de la diplogénèse, publiée[2] en 1890.

Je ne reviens pas sur cette théorie que j’ai discutée dans la Revue philosophique[3]. Mais cette seule revendication de priorité prouve que le chemin effectué par Weissmann depuis l’apparition des Essais, dans la direction du lamarckisme, est bien considérable ; la théorie de Cope, malgré son désir d’expliquer l’in-

  1. E. D. Cope, The primary factors of organic solution, op. cit., p. 21.
  2. American naturalist, déc. 1889, publié en 1890.
  3. Les Théories néo-lamarckiennes, Revue philos., 1897.