Page:Le Dantec - Lamarckiens et Darwiniens.djvu/83

Cette page a été validée par deux contributeurs.

tel père a eu un jeune donné A de son accouplement avec une femelle donnée, il eût eu un jeune différent B de son accouplement avec toute autre femelle, précisément parce que toutes les femelles sont différentes, comme d’ailleurs aussi tous les mâles.

Il y a donc, dans la reproduction sexuelle, un élément certain de variation individuelle autour d’un type moyen, par suite des différences préexistantes entre les individus de même sexe d’une espèce donnée ; seulement vous pouvez voir facilement que si la reproduction sexuelle entretient la variété des types, elle ne la crée pas ; si toutes les femelles étaient identiques[1], le même mâle pourrait leur donner des produits identiques ; si tous les mâles étaient aussi identiques entre eux, les croisements ne produiraient plus de variation. Mais il faut immédiatement remarquer que cette supposition est absurde, puisque par suite même de l’évolution individuelle qui est sa vie, le même mâle diffère de lui-même à deux époques distinctes de son existence ; de même la même femelle, et c’est pour cela que deux jumeaux se ressemblent toujours plus que deux frères d’âge différent. Il est donc bien certain que la génération sexuelle entretient la variété des individus dans une espèce donnée, mais c’est seulement par une série d’oscillations autour d’un type moyen[2], tandis que pour les néo-Darwiniens, l’amphimixie est la source la plus importante des varia-

  1. Il s’agit naturellement d’une identité absolue, d’où résulterait, par exemple, l’identité de tous les ovules mûrs à la fois chez toutes les femelles.
  2. Il semble même établi aujourd’hui que la fécondation croisée a pour résultat d’entretenir le type moyen d’une espèce (voir La sexualité, op. cit.).