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Les néo-Darwinistes n’ont pas été arrêtés pour si peu. Darwin n’était pas assez Darwiniste et s’était laissé aller à prendre au sérieux le deuxième principe de Lamarck, celui de l’hérédité des caractères acquis, comme si ce principe était nécessaire et comme si la sélection naturelle n’était pas suffisante à elle seule pour expliquer la formation des espèces !

Weissmann échafaude un système horriblement compliqué de biophores, déterminants, ides, doués de vertus fantastiques et basés sur de pures hypothèses ; or ce système étant adopté, il devient patent que l’hérédité des caractères acquis est impossible ; il faut donc s’en passer et Weissmann s’en passe ; avec lui tous les néo-Darwiniens purs admettent comme démontrée l’impossibilité de la transmission héréditaire des variations.

Mais alors, fait remarquer De Vries, puisque Weissmann a démontré (!!) que cette transmission héréditaire n’a pas lieu, reprenons les gemmules de Darwin. Galton a prouvé que la circulation de ces gemmules est inadmissible. Oui, mais Darwin n’avait imaginé cette circulation que pour expliquer l’hérédité des caractères acquis ; or cette hérédité n’existe pas, donc la théorie de Darwin, débarrassée de cette hypothèse démontrée fausse, subsiste tout entière et suffit à l’explication de tous les faits d’hérédité reconnus vrais. Aussi De Vries reprend-il les gemmules en les mettant seulement au courant des découvertes plus récentes de l’histologie.

Voilà, brièvement résumée, l’histoire de cette négation de la transmission héréditaire des variations, négation qui est devenue la base même du système néo-darwinien. Darwin, essayant d’expliquer le fait énoncé par Lamarck, imagine la circulation des gem-