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ont la vertu de représenter exactement ce qu’était la cellule hôte au moment précis où elles s’y sont formées. Cela admis, il est bien évident que si une cellule A varie, il se produira à son intérieur des gemmules nouvelles qui auront subi une variation correspondante et seront par suite aptes à représenter A sous son nouvel aspect. Or, dans l’hypothèse de Darwin, les gemmules ont le pouvoir de sortir sans cesse des cellules et de parcourir l’économie de manière à venir se fixer dans les produits sexuels. Chaque élément reproducteur contiendra donc des gemmules représentant ce qu’était la cellule A avant et après la variation.

Si la variation a été tardive le nombre des gemmules modifiées sera inférieur à celui des gemmules non modifiées et la variation de A ne sera pas héréditaire ; mais il n’en sera plus de même si la même variation se reproduit au cours de plusieurs générations successives, car alors le nombre des gemmules modifiées représentant A ira en croissant par rapport à celui des gemmules non modifiées et la variation finira par être définitivement acquise et transmise.

Il serait bien facile de montrer combien ce système des gemmules modifiées est inacceptable en lui-même, mais cela devient inutile étant donné que des expériences précises ont montré l’impossibilité de croire à la circulation des gemmules entre les cellules du corps et les éléments sexuels[1]. L’explication de Darwin doit donc être abandonnée.

  1. Voir Galton : « Experiments in Pangenesis by breeding from rabbits of a pure variety, into whose circulation blood taken from other varieties had previously been largely transfused. » (Proceed. roy. soc., 1871.) — Darwin a vainement essayé de réfuter les arguments de Galton dans Pangenesis (Nature, 1871).