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Weissmann.– Avec Weissmann, nous faisons un pas de plus dans l’échelle de la complication sans en faire un seul dans le sens de la clarté et de la précision. Nous allons nous retrouver en présence des vertus représentative ou déterminative, des propriétés mystérieuses, des mots spécieux enfin qui dissimulent l’absence d’explication réelle des faits. Et ce qu’il y a de plus grave, c’est que ce système si complexe, son auteur va le croire assez infaillible pour se permettre de nier, en s’appuyant dessus, les résultats les mieux acquis de l’observation courante. Il est d’ailleurs merveilleux d’ingéniosité, ce système de Weissman, pourvu qu’on accepte le point de départ, les vertus dormitives sur lesquelles il est basé. Aussi l’auteur n’y est-il pas arrivé du premier coup ; il a publié un certain nombre d’essais successifs, qui se sont complétés, corrigés, contredits quelquefois ; je ne m’occuperai que des parties les plus importantes et les plus définitives de l’édifice, mais je crois inutile, après les considérations précédentes, de m’attacher à démontrer longuement que cet édifice laborieux est construit sur le sable et de montrer combien facilement s’y appliquent les réflexions de Wallace sur les théories qui sont fausses. Et d’abord, nous allons retrouver dans les plasmas ancestraux l’équivalent virtuel de l’emboîtement des germes. Les plasmas ancestraux sont des particules comprises dans le noyau des cellules reproductives et qui ont la vertu de représenter les caractères des ancêtres, ce qui explique (?) naturellement l’hérédité et l’atavisme. Ces particules jouissent comme les gemmules de Darwin de la propriété de se multiplier sans se modifier. Voici comment Weissmann explique la présence de nombreux plasmas ancestraux différents