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seront représentées individuellement dans l’homunculus par des particules spéciales.

Tel est l’état de la théorie dans les gemmules de Darwin. Ces gemmules diffèrent quelque peu des molécules organiques de Buffon ; ainsi, par exemple, elles se multiplient dans les cellules qu’elles sont destinées à représenter, mais, à part quelques différences[1], elles jouissent à peu près des mêmes propriétés que les molécules de Buffon. Chaque cellule de l’organisme produit un grand nombre de gemmules qui toutes représenteront exactement la cellule où elles sont nées telle qu’elle était au moment de leur naissance, et, qui toutes, voyageant ensuite à travers l’organisme, auront la vertu spéciale de donner à toute cellule neutre dans laquelle elles pénétreront les caractères de la cellule d’où elles proviennent. Car il ne faut pas oublier que pour Darwin la cellule n’est pas différenciée par elle-même ; elle est neutre et ne reçoit ses caractères que des gemmules qui y pénètrent et s’y multiplient…

Naturellement, comme pour les molécules de Buffon, une au moins des gemmules de chaque cellule du corps viendra dans chaque élément sexuel ; tout ovule ou tout spermatozoïde contiendra donc les gemmules représentatives de toutes les cellules de l’animal correspondant ; l’œuf fécondé contiendra des gemmules de toutes les cellules des deux parents. Voilà l’homun-

  1. Ces différences tiennent naturellement aux découvertes qui ont séparé Buffon de Darwin, découvertes infiniment nombreuses dans le domaine de l’histologie et de l’embryologie. Il est curieux qu’ayant eu à sa disposition les ressources de la structure cellulaire qu’ignorait Buffon, Darwin ait cru devoir chercher dans d’autres éléments invisibles et hypothétiques les facteurs de l’hérédité.