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les conditions convenables, cet œuf construira un homme et non un chien.

Mais la ruche aussi est déterminée dans l’abeille ; si vous fournissez à l’abeille les matériaux convenables, elle construira une ruche d’abeille et non un nid de guêpe, et cependant vous trouveriez extraordinaire qu’on voulût vous montrer dans la substance de l’abeille une particule représentative de la cloison de droite de la troisième loge du deuxième rang.

Je suppose même qu’on vous ait parlé de cette particule représentative, sans vous la montrer, naturellement, et sans vous expliquer comment elle est représentative d’une cloison particulière de la ruche, en serez-vous plus avancé ? Ne serez-vous pas aussi instruit en disant : « L’abeille a la propriété de construire une ruche » que si vous énoncez l’hypothèse : « l’abeille contient des particules dont chacune a la propriété de déterminer la formation d’une cloison donnée de la ruche » ? Qu’est-ce qui est plus clair : « L’opium fait dormir », ou bien : « L’opium a une vertu dormitive dont la nature est d’assoupir les sens » ? Voyons s’il y a quelque chose de plus dans les gemmules de Darwin.

Les gemmules de Darwin. — Avant que l’on connût la structure cellulaire du corps des animaux supérieurs, on ne limitait pas avec rigueur les parties auxquelles correspondaient les particules représentatives dans l’homunculus du germe. Y avait-il une seule particule pour le doigt indicateur de la main droite, ou bien y en avait-il une pour sa phalange, une pour sa phalangine et une pour sa phalangette ? Cela n’était pas précisé. Une fois la cellule connue, l’unité est parfaitement déterminée ; ce seront les cellules du corps qui