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Depuis longtemps, Hippocrate avait été amené à accorder aux deux sexes une importance équivalente dans la procréation des jeunes. Cette théorie adoptée par Galien, mais négligée plus récemment par les spermatistes et les ovistes, a été reprise par Buffon. Or, si l’on accorde que les éléments mâle et femelle se combinent pour former le petit, que devient la théorie si séduisante de la préformation ? Comment expliquer que le nouvel être ressemble à des parents si compliqués ? C’est ici qu’intervient la théorie des particules représentatives. Comme il ne sera plus possible d’admettre que l’un des éléments sexuels était en réduction l’animal entier, il va falloir trouver quelque chose de nouveau pour comprendre comment toutes les parties du futur adulte sont représentées dans le germe provenant de l’union des sexes, car de supposer que toutes ces parties n’y sont pas représentées effectivement, Buffon, imbu des théories précédentes, n’y a pas songé.

On connait sa théorie des molécules organiques indestructibles ; ce qu’il y a de précis dans cette théorie, c’est cette erreur que les molécules vivantes existent dans la nature en nombre limité et ne peuvent ni se transformer en molécules brutes, ni se former aux dépens de ces molécules brutes. Les êtres vivants s’accroissent en se nourrissant aux dépens d’autres êtres vivants et la quantité totale de vie ne varie pas. Voici maintenant qui est moins précis et, que l’auteur n’explique pas assez : les liqueurs séminales du mâle et de la femelle comprennent des molécules organiques provenant des diverses parties du corps et, il faut le comprendre sans que Buffon le dise explicitement, représentant chacune pour son compte, la partie d’où