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erronées. On a donc étudié avec soin les hypothèses fondamentales de la théorie et l’on a montré que beaucoup d’entre elles sont difficiles à accepter. Bien plus, je voudrais montrer dans cet ouvrage qu’elles n’existent pas, ces hypothèses fondamentales, desquelles[1] on a tiré des conclusions capables de faire vaciller la raison humaine. Ce sont le plus souvent de simples jeux de mots, des définitions analogues, à la vertu dormitive de Molière, définitions spécieuses dans lesquelles on emploie d’une manière plus ou moins adroitement dissimulée des termes contenant l’idée même de la chose à définir…

Mais une si gigantesque erreur n’est pas l’œuvre d’un seul homme et Weissmann, qui d’ailleurs y est arrivé seulement après une série de tâtonnemens[2] souvent contradictoires, n’a fait qu’entrer dans un courant d’idées vieux de plusieurs siècles. L’immortel Darwin l’y avait précédé de quelques années et avait contribué déjà avec ses gemmules à égarer l’opinion ; aussi Weissmann doit-il être considéré comme procédant de lui, non seulement à cause du rôle trop exclusif qu’il accorde, dans la formation des espèces, à l’admirable principe de la sélection naturelle, mais aussi, à cause des particules représentatives sur lesquelles il base son fragile échafaudage et qui dérivent directement des gemmules de Darwin.

Le système de Weissmann ne saurait donc être exposé sans être précédé d’une courte relation des idées antérieures qui l’ont préparé. Peut-être la genèse même de ce système convaincra-t-elle le lecteur de son peu de stabilité, mais si cela n’est pas suffisant, je pense qu’on pourra bientôt, malgré l’engouement momentané qu’il a provoqué, appliquer à ce brillant

  1. WS : desqueles -> desquelles
  2. WS : tâtonnements