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l’anatomie ou de la physiologie du poussin ; chacun de ses caractères a été acquis au cours de l’évolution par un être plus simple que le poussin dans des conditions déterminées et ce caractère acquis pendant plusieurs générations a été définitivement fixé par l’hérédité. De sorte que, par la pensée, vous pouvez remonter de l’œuf de poulet actuel à des œufs de plus en plus simples, à des plastides dans lesquels sont déterminés à l’avance des phénomènes de développement de moins en moins nombreux, et arriver enfin à des monères tellement peu complexes que leur apparition chimique soit concevable. De plus, entre tous les adultes qui dérivaient de ces œufs de plus en plus complexes, la sélection naturelle choisissait les plus aptes et les mieux conformés, et c’est comme cela qu’existent aujourd’hui ces corps admirables qui, en vingt et un jours, donnent un poussin vivant sous l’influence d’une température et d’une aération convenables.

Il y a d’autres facteurs secondaires de l’évolution des êtres, je ne les étudierai pas ici. Qu’il me suffise d’avoir montré que le seul jeu de la sélection naturelle appliquée d’abord entre les éléments des tissus, ensuite entre les êtres supérieurs eux-mêmes, explique admirablement l’évolution progressive des organismes.

C’est l’immortel honneur de Darwin d’avoir introduit dans la science cette notion à la fois si simple et si féconde, mais ce sera toujours une tache à sa gloire, qu’il ait méconnu Lamarck.