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tion naturelle conserve les plus aptes, ce qui explique la disparition des types intermédiaires. C’est ici que se place le différend entre les néo-Lamarckiens et les néo-Darwiniens.

Les premiers admettent avec Lamarck que les variations des espèces résultent des nécessités de la coordination en rapport avec des conditions nouvelles d’existence (développement de certaines parties par usage réitéré, disparition de certaines autres par désuétude) et que ces variations sont héréditaires. Ils admettent en même temps avec Darwin que parmi les individus résultant des variations, la sélection naturelle choisit et conserve les plus aptes à prospérer dans les conditions du milieu. Nous avons vu que tout cela est parfaitement logique.

Les néo-Darwiniens, au contraire, prétendent qu’il n’y a aucune relation entre la variation des éléments reproducteurs et les caractères acquis par les animaux qui les contiennent, ce qui les amène à formuler les deux propositions suivantes :

1° Les variations apparaissent au hasard et sans relation avec l’utilité plus ou moins grande qu’elles peuvent avoir pour les individus, puisque les œufs n’ont pas reçu de modification parallèle à celles qu’ont déterminées chez les parents les nécessités de la vie, mais une modification fortuite tout autre.

2° Proposition qui est en réalité incluse dans la précédente : les caractères acquis ne sont pas héréditaires.

C’est donc la sélection naturelle seule, qui, appliquée directement aux animaux supérieurs, expliquera la complication progressive des organismes.

Les néo-Darwiniens sont ici plus exclusifs que Darwin qui n’avait jamais songé à nier l’hérédité des