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quables quand on discute l’hérédité des caractères acquis.

Il est possible, cependant, d’introduire un peu de précision dans le débat.

Je suppose qu’un œuf donné se développe dans des conditions absolument identiques à celles dans lesquelles s’est développé le parent d’où il provient[1]. Il est certain que, si l’œuf fils était identique à l’œuf parent, le fils deviendra identique au parent dans le cas considéré et, en particulier, donnera naissance à des œufs identiques à celui d’où il provient, et ainsi de suite indéfiniment, si les conditions ne changent pas : pas la moindre variation, hérédité absolue. Cela a lieu dans certains cas et une théorie de l’hérédité doit expliquer que l’œuf fils puisse être identique à l’œuf parent.

Mais, supposons que, l’œuf fils se développant dans des conditions identiques à celles dans lesquelles s’est développé l’œuf parent, le fils diffère quelque peu du parent à l’état adulte. C’est évidemment que l’œuf fils différait de l’œuf parent, puisque s’il y avait eu identité entre les œufs, il y aurait eu aussi identité entre les adultes correspondants, comme nous venons de le voir.

Il faut donc qu’une variation soit intervenue au cours des bipartitions qui conduisent de l’œuf parent à l’œuf fils, et si nous nous en tenons à la considération des plastides eux-mêmes et non à celle de l’être formé par leur ensemble, nous disons naturellement, que cette variation représente un caractère acquis par les plas-

  1. Je néglige intentionnellement la complication qui résulte de la fécondation et je suppose le cas d’un œuf parthénogénétique comme celui de certains crustacés ou insectes.