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sont les caractères dus à l’éducation[1] ou caractères acquis.

Il est bien certain que ces caractères sont morphologiquement moins saillants que les caractères héréditaires.

Quelles que soient les circonstances dans lesquelles s’est développé un hareng, il ressemble toujours plus à un autre hareng qu’à une sardine ou à un maquereau élevés dans le même milieu que lui.

Il est bien certain qu’il sera toujours difficile de faire la distinction entre les caractères acquis et les caractères héréditaires puisque, le développement ayant lieu une fois pour toutes, on ne peut comparer un être à ce qu’il aurait été sous l’influence d’une autre éducation ; de plus, quand on constate une différence entre deux individus de même espèce, on ne peut en général affirmer que cette différence est acquise et n’était pas prédéterminée dans les œufs puisqu’on ne sait pas analyser les œufs. Il y a cependant certains cas où l’influence de l’éducation est évidente ; par exemple si un homme se développe les bras en fendant tous les jours du bois, on est en droit d’affirmer que ce caractère est acquis par le métier qu’il fait, comme le développement des muscles des jambes chez les coureurs, mais il faut toujours craindre de se tromper dans une appréciation de cette nature, puisqu’on ne sait pas ce qui se serait passé dans d’autres circonstances. C’est pour cela qu’il est si difficile de trouver des exemples absolument inatta-

  1. J’appelle éducation l’ensemble de toutes les circonstances qu’a traversées l’animal depuis l’état d’œuf jusqu’au moment où on l’étudie.