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Quand un nouvel organe se crée ainsi sous l’influence des circonstances ou, si l’on veut, quand l’organisme exécute une opération qu’il n’a jamais exécutée et qu’il la répète souvent, il y a une période de transition au bout de laquelle, par balancement organique et sélection naturelle, un nouvel état adulte est obtenu, plus ou moins différent de l’ancien, de telle manière que la loi d’assimilation fonctionnelle se vérifie toujours.

Cet organe nouveau, né des circonstances extérieures, est ce qu’on appelle un caractère acquis.

Pour bien préciser la signification de ce terme, suivons l’évolution de l’organisme depuis son début, c’est-à-dire la complication progressive qui résulte de l’accroissement du nombre des plastides de l’agglomération, de la corrélation et de la sélection naturelle qui s’exercent dans le milieu intérieur, et enfin de la coordination nécessaire au renouvellement de ce milieu intérieur suivant les conditions réalisées dans le milieu extérieur.

On constate, à chaque instant de cette évolution, l’intervention de deux facteurs :

1° Ceux qui tiennent à la constitution même du plastide initial, de l’œuf d’où dérive l’être complexe étudié. Ces caractères sont évidemment les plus importants, puisqu’ils déterminent dans tous les cas l’espèce à laquelle appartient l’adulte ; l’œuf d’un hareng donne un hareng, l’œuf d’une sardine donne une sardine, l’œuf d’une poule donne un poussin. Ce sont les caractères congénitaux ou héréditaires.

2° Ceux qui tiennent à l’influence des circonstances extérieures auxquelles l’organisme doit s’adapter à chaque instant sous peine de mort ; ce