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indéfiniment, nous l’avons vu tout à l’heure ; la condition de destruction apparaîtra donc forcément au bout de quelque temps, en certains points au moins et peut-être d’une manière passagère, suivant les hasards[1] de la corrélation. Il en résultera des variations quantitatives des plastides qui ainsi ne resteront plus identiques quoique étant de même espèce, et par conséquent, il n’y aura plus de raison pour que, comme nous le supposions dans le paragraphe précédent, tous disparaissent à la fois.

Au contraire, il y aura à chaque instant en présence, aux divers points du milieu, diverses variétés de la même espèce, qui seront plus ou moins aptes à prospérer dans les conditions considérées ; les unes disparaîtront, les autres se conserveront et se multiplieront, et quoique ne sachant jamais analyser les qualités d’aptitude plus ou moins grande d’une variété déterminée, nous aurons toujours le droit de définir, après coup, variété la plus apte, celle qui aura persisté dans les conditions locales de l’endroit où elle se trouve.

Et ainsi se trouve établie la loi de la persistance du plus apte ou sélection naturelle comme une vérité évidente, un simple artifice de langage. On aurait pu établir immédiatement cette loi, indépendamment de toute considération sur la variation, en supposant dès le début, dans le milieu, plusieurs espèces ou plusieurs variétés plastidaires. En raisonnant comme nous venons de le faire on a l’avantage d’expliquer en même temps comment il se fait que les variations, sans cesse triées par la sélection naturelle, ne laissent en chaque

  1. Le mot hasard s’applique ici à un ensemble de conditions parfaitement déterminées à l’avance, mais trop complexes pour que nous puissions les prévoir.