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On pourrait supposer fabriqué, avec de la substance empruntée à d’autres individus de même espèce que le père, un œuf identique à l’œuf père et qui donnerait un individu identique à lui ; on pourrait au contraire supposer fabriqué avec de la substance du père un œuf ayant des coefficients différents de ceux du père et qui donnerait un enfant n’ayant avec le père aucune analogie. On ne saurait trop insister sur ces considérations, car elles sont en désaccord absolu avec l’opinion courante. Voici encore une manière saisissante d’exprimer le fait sur lequel je veux attirer l’attention :

Supposons, hypothèse tout à fait gratuite mais pas invraisemblable néanmoins, qu’un être donné a ait la propriété, dans certaines conditions précises et par je ne sais quel mécanisme de corrélation, d’exercer une influence modificatrice sur un plastide de même espèce mais d’origine étrangère, au point de donner à ce plastide, par des destructions partielles de substances, exactement les coefficients de l’œuf duquel lui-même a provenait. Ce plastide, ainsi modifié, sera rigoureusement le fils de a bien que n’ayant aucune parcelle de sa substance et lui ressemblera absolument. Je le répète, on ne changerait rien aux propriétés d’un œuf, en substituant à toutes ses substances plastiques, les mêmes quantités des mêmes substances empruntées à d’autres individus de la même espèce ; cela, il est vrai, nous ne savons pas le faire, mais en réfléchissant un instant au phénomène même de l’assimilation, nous constatons avec la plus grande évidence, qu’il y a, au cours du développement, une rénovation moléculaire continue de la substance de l’œuf, de sorte qu’au bout de très peu de temps, il est fort probable qu’il n’y a plus dans l’enfant aucune molécule de la substance du parent.